M'intéresser au Bitcoin m'a fait m'intéresser à la monnaie.

J'en utilise tous les jours mais je ne m'étais jamais vraiment posé de question : qu'est-ce qu'une monnaie ? Qu'est ce qui fait que quelque chose devient une monnaie ?

La monnaie

Au final, c'est assez "simple" : c'est une sorte de consensus et d'Ă©quilibre entre offre et demande.

C'est quelque chose qui permet de répondre au problème de concordance des besoins : les gens n'ont pas nécessairement envie de mes produits alors que je souhaite les leurs. On trouve donc un "arrangement" avec la monnaie qui sert de moyen d'échange.

C'est quelque chose qui va me permettre de conserver une valeur dans le temps : je peux dépenser plus tard l'argent gagné par la vente de mes pommes qui sont périssables.

Avec la monnaie, je peux conserver une valeur dans l'espace : je peux acheter dans un autre pays quelque chose, mĂŞme si ce que je produis n'est pas transportable (ou difficilement).

Je peux en accumuler et la diviser : je peux Ă  la fois m'acheter une baguette de pain comme une voiture.

Surtout, il faut que ce soit difficile Ă  produire / reproduire. Sinon, c'est trop facile et l'argent en question ne vaut rien (cf : billets de Monopoly).

Au travers des siecles, les hommes ont utilisé du sel, des pierres, des métaux...
Des choses "rares" à un moment et à un endroit donné et qui ont parfois eu à être remplacées lorsque cette rareté n'était plus assurée (ce qui était rare pour certains était abondant pour d'autres...).

En allant plus loin, j'ai commencé à me poser des questions sur le système monétaire.

Je ne suis pas expert du sujet et je vais donc m'abstenir de toute analyse qui sera très certainement imprécise.

Deux choses m'ont en tout cas interpellé :

  • l'effet Cantillon
  • les rĂ©serves fractionnaires

L'effet Cantillon :

Son nom vient d'un economiste franco-irlandais du 17ème siècle.

Cet effet explique qu'une injection (création) de monnaie aura des effets différenciés et progressifs dans l'économie :

  • bĂ©nĂ©fiques Ă  proximitĂ© de la source de cette monnaie (les premiers bĂ©nĂ©ficiaires)
  • nĂ©fastes pour ceux qui en sont le plus loin

Si je suis l'un des premiers bénéficiaires de cette monnaie (via emprunt ou une aide à l'investissement), je vais avoir une somme d'argent à investir dans des biens qui ont un certains coût : j'en tire un bénéfice car je peux investir et acheter plus de choses qu'avant, je peux bénéficier d'effets volumes...

Sauf que cette abondance soudaine entrainera progressivement une augmentation des prix (plus d'argent pour acheter un nombre fini de biens).

Pas trop grave pour ceux qui auront été proche de l'injection de monnaie (j'ai déjà acheté mes biens) mais néfaste pour ceux qui en sont le plus loin car ils vont subir l'augmentation des prix sans bénéficier de l'injection de monnaie.

En gros, les investisseurs, les banques etc... en bénéficient, mais les revenus fixes, loin de cette source (retraités, ouvriers...) vont avoir tendance à en souffrir.

Avec une inflation annuelle qui dépasse les 8% en juin 2022, cet effet est plus que d'actualité après plusieurs années où la planche à billets a tourné à plein.

D'ailleurs, si vous voulez voir quel est l'effet de 8% d'inflation par an sur 5 ans, voici ce petit simulateur :

Ceci m'amène au deuxième point :

Les réserves fractionnaires.

Pour le coup j'étais sans doute naïf et je pensais que la banque ne prêtait que l'argent qu'elle possédait...

Spoiler : non.

Prenons un exemple : j'ai beaucoup travaillé et j'ai 100 000 euros de surplus que je peux placer à la banque.

Une autre personne a besoin d'emprunter 100 000 euros : la banque, si elle accepte le prêt, va en quelque sorte prêter l'argent que je lui ai confié.

Sauf que légalement, une banque peut faire cela environ 10x, c'est à dire qu'elle va prêter de l'argent qu'elle n'a pas : les réserves fractionnaires.

10 personnes vont donc pouvoir emprunter au total 1 000 000 d'euros sur base de mon dépôt de 100 000 euros. Il n'y a pas de monnaie physique derrière, simplement un jeu d'écritures et mon dépôt n'est plus réellement garanti par des réserves tangibles...

Le problème, c'est quand je veux retirer mon argent, que ce soit pour acheter quelque chose ou en cas de panique des marchés (cf : le Liban en ce moment par exemple).
On se retrouve donc à avoir un système en équilibre instable qui peut s'effondrer en cas de période incertaine : dépôt bloqué, limitation des retraits etc...

On a vu qu'en 2008 certaines banques Ă©taient "too big too fail" mais jusqu'Ă  quand ?
Au final, on crée fictivement de la monnaie sous forme de dette pour acheter des biens dont la valeur faciale augmente sous le coup de l'inflation.
On vit donc à crédit sauf qu'à un moment donné, il va falloir rembourser.

Je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait mais découvrir ces notions me font regarder l'actualité différemment.